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Institutional and Legal Affairs, PUBLICATIONS

De la paix en Europe à la paix dans le monde [What is Europe doing for its citizens?]

Written by Philippe Perchoc,

Salon de l’Horloge

© European Union – Schuman Declaration, 9th May

La déclaration Schuman du 9 mai 1950 fait un constat simple : « L’Europe n’a pas été faite, nous avons eu la guerre ». En effet, les tentatives d’union des Européens entamées dans les années 1920 n’avaient pas réussi à empêcher la crise économique de 1929 et la montée des nationalismes conduisant à un second conflit mondial déclenché depuis l’Europe. Après 1945, la partie occidentale de l’Europe s’est regroupée autour d’une série d’organisations qui ont permis la stabilité et la coopération, créant paix et prospérité, et aboutissant à une Union européenne qui tente aujourd’hui de projeter ses valeurs de paix et ses solutions institutionnelles à d’autres continents.

De la Société des Nations à la Communauté européenne du charbon et de l’acier

Après la Première Guerre mondiale, les premiers mouvements d’union des Européens comme « Paneuropa » de Richard Coudenhove-Kalergi, un intellectuel hongrois et japonais, mobilisent la société civile européenne. De son côté, la Société des Nations (SDN), située en Suisse, réunit principalement les États européens pour assurer la paix sur le continent. Jean Monnet y travaille activement à la résolution de conflits entre Allemagne et Pologne en Silésie par le biais de tribunaux internationaux et y découvre un modèle fonctionnaliste qui l’inspirera par la suite. Mais la SDN échouera à empêcher une nouvelle guerre sur le continent en raison de ses mécanismes très lâches de coopération et de contrôle.

Après la guerre, les fédéralistes européens réunis autour de Winston Churchill créent le Conseil de l’Europe, auquel Coudenhove-Kalergi donne son drapeau et son hymne, depuis repris par l’Union européenne. Jean Monnet, Robert Schuman et les pères fondateurs décidèrent en 1950 d’une approche plus fonctionnelle à travers la mutualisation du charbon et de l’acier nécessaires à la conduite de la guerre.

Un ensemble de coopérations européennes

C’est la création d’un tissu très étroit d’organisations et de mécanismes juridiques de résolution des conflits qui a permis d’installer la paix entre les États membres à travers la coopération dans les domaines des droits de l’homme et de la culture (Conseil de l’Europe), de l’alliance militaire contre la menace soviétique (OTAN) et de l’élargissement progressif de la coopération économique (charbon et acier avec la CECA ; atome avec Euratom) vers l’intégration économique (Communauté économique européenne (CEE) et Association européenne de libre-échange (AELE)). L’ensemble de ces coopérations ainsi que l’aide américaine du Plan Marshall ont permis aux Européens de retrouver la prospérité et d’approfondir leurs démocraties après la guerre, conduisant à ce que les historiens appellent « la paix démocratique », puisque les démocraties ne se font généralement pas la guerre entre elles. Par son existence, l’intégration européenne a sauvé la vie de tant d’Européens qui ont connu la plus grande période de paix dans l’histoire du continent, contrairement aux générations qui avaient vécu la guerre et ses millions de morts et lancé ce grand projet continental.

Des élargissements à l’action mondiale

Le projet économique de la CEE s’est peu à peu élargi à l’Ouest et au Nord de l’Europe, puis aux nouvelles démocraties du Sud, puis de l’Est après la fin de la Guerre Froide. Jamais les États européens dans leur histoire n’ont fait partie du même ensemble politique et, pour la première fois, ils l’ont choisi. Ce modèle institutionnel et économique que l’Union européenne a su créer est regardé avec intérêt par les États de l’Afrique (Union africaine), de l’Amérique latine (Mercosur) et de l’Eurasie (Union eurasiatique) pour ses vertus pacificatrices. Par ailleurs, l’Union européenne s’engage pour la paix dans le monde : elle est le premier donateur d’aide au développement à l’échelle mondiale et elle est très active dans des missions de maintien de la paix sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies. Depuis 2003, elle est intervenue à travers plus de 30 missions civiles et militaires de lutte contre la piraterie ou de consolidation de la paix.


L’EPRS a préparé cette note pour les journées Portes ouvertes du Parlement européen de mai 2017.

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